« La Russie pour les nuls » de Eugène Berg

 

LA RUSSIE POUR LES NULS recension1
Eugène Berg
Éditions First, 2016, 523 pages

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Les livres sur la Russie et les Russes sont innombrables et couvrent-le vaste champ de l’histoire, de la culture, de la littérature, de la musique et de la peinture – celle des icônes ou de l’art abstrait découvert par Vassili Kandinsky. De la révolution de 1917 (aux yeux de certains cette ≪ lumière venue de l’Est ≫) à Vladimir Poutine en passant par l’effondrement de l’URSS, dont on marquera cette année le 25ème anniversaire, la Russie n’a pas manqué de fasciner, de surprendre, d’interloquer.

 Les livres qui tentent de dévoiler les multiples facettes du personnage de Vladimir Poutine et de la ≪ nouvelle Russie ≫ abondent depuis des années. Rien qu’en France il en paraît de quatre à cinq par ans, et ce depuis une dizaine d’années. Eugène Berg les répertorie dans sa copieuse bibliographie.
Le lecteur n’a que l’embarras du choix : il trouvera des œuvres de spécialistes du slavon, de la langue liturgique, des icônes, de l’économie marxiste, du système socialiste qui a régi pendant soixante-dix ans un sixième des terres émergées de la planète. Les livres sur la Russie actuelle, ses oligarques,
Gazprom s’accumulent. On croit connaitre ce pays, mais il est à la fois proche et lointain, immense, varie, insaisissable.
Alors, par quel chemin Eugène Berg, qui collabore avec assiduité dans … a – t-il choisi de le visiter ? Celui de l’≪ éternelle Russie ≫, de la ≪ Sainte Russie ≫ – qui n’a pas vraiment disparu et qui resurgit .Aux côtés de la Russie actuelle, en train de se forger une nouvelle destinée. Sous nos yeux parfois choqués, parfois émerveillés. Car tout ce qui se passe, se passera, ce qui s’est passé en Russie a eu des conséquences sur la vie, la pensée ou la culture d’une bonne partie de l’Europe, sinon du monde. Des jeux Olympiques d’hiver de Sotchi, en février 2014, à la Coupe du monde de football de 2018, en passant par le 100e anniversaire de la révolution d’Octobre en 2017 et par les évènements ukrainiens ou l’engagement militaire russe en Syrie, la Russie n’a pas fini de faire parler les médias européens. Ne vient –elle pas de se proposer comme médiateur dans le conflit qui vient d’éclater entre l’Arabie Saoudite et l’Iran. La Russie doit être perçue dans toute sa profondeur et sa richesse non seulement par une poignée d’érudits, mais par tous les Occidentaux soucieux de la comprendre. C’est cette Russie d’hier, d’aujour’hui et un peu de demain, vivante, réelle, aussi complète que possible, que ce livre tente de décrire, en mêlant faits historiques, évènements marquants, sur une centaine de pages politique et économie, une cinquantaine chacune.
Société et vie quotidienne, tout en restituant les couleurs de ce pays, Culture, sa littérature, sa cuisine, son humour, les sports, la mode et ses beaux modèles, le cinéma – à chacun selon ses goûts. Lé géopolitique et la géo économie de la Russie n’ont pas été laissés de côté et Eugène Berg leur a consacré plus de 55 pages, décrivant les derniers évènements jusqu’aux soubresauts syriens ou la tension entre Moscou et Ankara. Tout ceci est traité de manière fluide, agrémenté d’encadrés, de parties plus développées « pour experts ». On y trouvera aussi anecdotes, témoignages, histoires vécues, autant de moments de respirant autant utiles qu’agréables.
Eugène Berg avait tout pour rédiger une telle somme, qui paraît unique en son genre, car elle couvre à peu près tous les champs de connaissance sur la Russie, sans jamais être pesante et rébarbative. Licencié en droit, diplôme de l’Institut d’études politiques de Paris, ancien élève de l’École nationale d’administration, après une carrière de diplomate qui l’a conduit dans différents pays du monde, il a représenté la société Total à Mourmansk, dans le Grand Nord Russe, de 2008 à 2013. Son amour et sa connaissance de la Russie proviennent de ses origines familiales. Son père est né à Moscou, au sein d’une famille en partie germano-balte. L’un des oncles, Alexis Mixailovitch Tcheremoukhine, a été un grand ingénieur aéronautique, constructeur du premier hélicoptère soviétique. La mère de l’auteur, qui fut maître-assistante de russe à l’Institut National des Langues Orientales Vivantes (INLOV), est née à Saint-Pétersbourg dans une famille d’entrepreneurs ayant participé à l’édification du Transsibérien. Elle a été présidente du dernier cercle littéraire de l’émigration russe à Paris et recevait bien des auteurs, professeurs, hommes de lettres de Russie. Son oncle Serge Berg a été l’un des premiers correspondants de l’AFP en URSS, dans les années 1950.
On a dit de Pouchkine (aux origines abyssines ?) qu’il était une ≪ goutte ee sang noir tombée sur la neige russe ≫. Eugène Berg a voulu montrer cette âme russe, cette couleur ≪ rouge ≫ – mot qui signifie aussi ≪ beau ≫ en russe. D’où la place Rouge, la ≪ belle place ≫ qu’a visitée Gilbert Bécaud avec son guide Nathalie… Aujourd’hui il aurait eu LA RUSSIE POUR LES NULS sous le bras !

 

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